• Karine Triot ktriot@free

Une oreille attentive


Si on a 2 oreilles et 1 seule bouche, c'est pour écouter deux fois plus qu'on ne parle !

Nous avons tous le sentiment de bien écouter… et pourtant ! La majorité d’entre nous n’écoute pas vraiment l’autre…

On écoute mal parce qu'on n'est pas vraiment attentif.

On est pollué par ce qu’on n’a pas envie d’entendre, ce qui va nous heurter, ce qui va nous révéler nos limites, voire nous agacer…

Surtout, le plus souvent, parce qu’on est naturellement gentil et ennuyé par les difficultés des autres, on a envie de les aider, donc de résoudre leurs difficultés… à leur place !


Or on ne tire pas sur l’herbe pour la faire pousser !


Quand j’écoute l’autre, quand je lui réponds, je peux adopter différents types d’attitudes qui ont chacun leur avantage et leur inconvénient : ces attitudes ont été modélisées par Elias Porter – Psycho-sociologue anglais – Elève de Carl Rogers.


  1. Il y a le Conseil qui indique de manière plus ou moins contraignante ce qu’il faut faire.

  2. Le support qui rassure, console, dédramatise. On encourage l’autre… ou soi ?

  3. L'Enquête est la recherche d’informations supplémentaires sur le sujet, les personnes concernées, les sentiments éprouvés.

  4. L’Évaluation est l'appréciation positive ou négative sur autrui, ses sentiments, ses opinions.

  5. L'Interprétation propose des explications sur ce qui s’est passé, ce qui vient d’être dit, en tenant compte de ce qu’on a perçu soi.

Toutes ces attitudes ont des avantages et des inconvénients.

L'idéal serait pourtant d'être dans la compréhension ou Empathie, c'est à dire mettre des mots sur ce qui est implicite, reformuler ce qui vient d’être dit. On tente de refléter les sentiments et les idées qui ont été énoncés le plus authentiquement possible. On montre à l’autre qu’on a compris.


Attention : ça ne veut pas dire qu'on est d'accord avec la personne ! On peut aussi être en empathie avec quelqu’un d’antipathique sans être en sympathie !


Le postulat de Carl Rogers est que l’autre a en lui des ressources qui vont lui permettre de s’en sortir. Une bonne écoute exige :

1- De la confiance

2- De la congruence (cohérence avec soi-même)

3- De la considération positive inconditionnelle


Concrètement, l'écoute a besoin de disponibilité. Ça veut dire avoir du temps. Parce que quand on jongle entre le boulot, les lessives, le bricolage, les engagements, le téléphone, il y a peu de disponibilité. La relation a besoin de temps et de silence. De pause. Sans téléphone, sans musique, sans ordi.


Quelques illustrations pour la vie de famille :


Écouter nos enfants pour les aider à exprimer leurs émotions, à comprendre ce qu'ils vivent et ce qu'ils ressentent, pour trouver leurs solutions et devenir autonomes,

Accessoirement, écouter nos enfants pour entretenir le lien avec eux !


Exemple d'un retour de Diane du collège:


Diane : -J’en ai ras le bol de ce bahut de merde et de cette classe de merde !

Sa mère : Qu'est-ce que c'est que ce langage ! Reprends toi !

Diane : Tu comprends rien ! J'en ai ras le bol de cette famille de merde !

Sa mère : ça ne va pas la tête de me parler comme ça ! Si tu n'as rien de sympa à dire quand tu rentres du collège, tu peux monter directement dans ta chambre !

Diane : Vlan ! (porte qui claque !)


Ou alors :

Quand les émotions sont trop présentes, réagir a minima :


Diane : -J’en ai ras le bol de ce bahut de merde et de cette classe de merde !

Sa mère : -Ah

Diane : - J’en ai marre, c’est tous des cons !

Sa mère : - C’était vraiment une sale journée pour toi…

Diane : - Ben ouais. On avait un exposé à faire en SVT et avec Louane. On avait prévu de le faire ensemble, et là en dernière minute, elle a annoncé à la prof qu’elle le faisait avec Clarisse.


Reformuler :

Sa mère : - ça t’a mise en colère que Louane se désiste en dernière minute…

Diane : - Ben ouais ! Elle ne m’a même pas prévenue. J’ai eu l’air de quoi, moi, devant la prof ?

Sa mère : - Tu t’es sentie humiliée…


Ils n’ont pas besoin tout de suite de nos questions (qui bloquent), de nos conseils (qui les infantilisent), de nos jugements critiques. Ils ont besoin d’une oreille attentive, de compassion, de miroir… et ensuite, on peut leur donner (délicatement) notre avis ou peut-être une interpellation :


« Qu’est-ce se passerait à ton avis, si tu disais à Louane que tu as été blessée qu’elle change d’avis sur cet exposé ?

« Est-ce qu’il y aurait quelqu’un d’autre dans ta classe avec qui tu pourrais faire cet exposé ? »

« Qu’est-ce que tu imaginerais maintenant pour arranger les choses avec Louane… »


Et quand la situation est plus calme, plus sereine, on peut aussi rappeler d'autres valeurs plus "secondaires" (mais importantes) : "Diane, je n'aime pas quand tu parles vulgairement. Les mots moches finissent par rendre moche à l'intérieur."


S’intéresser à ce que vivent nos enfants… même dans un cadre entre enfants

Parce que « les histoires de cour de récré » sont les apprentissages de la vie en société. Laisser des enfants « se débrouiller tout seuls », c’est laisser régner la loi du plus fort.


Jean-Marie Petitclerc, éducateur, rappelle qu'il n’y a pas de confiance sans affectif et pas d’éducation sans confiance »

A nous parents, ou éducateurs qui avons un lien affectif avec les enfants, de transmettre nos valeurs.

(Ce que disait aussi Françoise Dolto : les interdits doivent être énoncés par un adulte avec lequel l’enfant a un lien affectif, qui est lui aussi soumis à cet interdit et avec l’explication du sens de l’interdit)


Écouter nos enfants et sans jugement définitif, sans condamnation, formuler nos valeurs :


« Quand je t’entends parler de Bastien en l’appelant le « Boloss de service », ça me choque. Un boloss c’est quelqu’un qui travaille bien en classe et il n’y a pas de quoi le railler. C’est une belle qualité d’être travailleur. Ça fait partie de nos valeurs. »


« Jeanne, ça fait plusieurs mois que je t’entends critiquer Mélinda et tu me demandes maintenant si tu peux aller à son anniversaire. J’aimerais comprendre pourquoi tu souhaites aller à son anniversaire…

Écouter la réponse

"Soit Mélinda est une amie et dans ce cas, il me semble que ça manque de gentillesse de la critiquer ; Soit ce n’est pas ton amie, et je ne comprends pas pourquoi tu acceptes son invitation… "

(Parce que « tout le monde y va…"

"Jeanne, la sincérité c’est important dans la vie et c’est important que tu sois en vérité avec toi-même : si Mélinda n’est pas une fille que tu apprécies, ce n’est pas honnête de lui faire croire le contraire.


A l’inverse :

« Mélinda, je vois dans ta liste d’invités à ta fête d’anniversaire le nom de Jeanne. Il me semble que les relations ne sont pas toujours très fluides avec elle, non ?

(Oui, mais je ne peux pas ne pas l’inviter, sinon personne ne viendra…).

Ecouter !!! Puis interpeller : "Qu’est-ce qui est important pour toi : avoir beaucoup de monde à ta fête, même si ce n’est pas pour toi ? ou n’avoir que quelques amies qui sont sincères ? Ecouter !

"Je suis ennuyée parce que j’ai peur que tu te mettes dans une situation où tu vas souffrir…"

Mais on ne prend pas de décision à la place de notre enfant : ne pas s’interposer entre notre enfant et le monde. Parce qu’on ne sera pas toujours là ! Il faut qu’il apprenne. On apprend aussi de ses erreurs.


Dans les cas d'enfants « dominants », que les parents énoncent leurs valeurs est important parce que nos enfants ont envie de nous plaire et que nous soyons fiers d’eux.

Ça va servir aussi à l’enfant harcelé : de faire des expériences, d’en parler, de les repenser… et de changer de comportement ensuite. Tout en sachant que ses parents qui l’aiment de manière inconditionnelle sont à ses côtés pour affronter le monde.




62 vues

 Karine Triot Tel. 06.27.34.98.33

ktriot@free.fr

  • Facebook App Icon