• Karine Triot ktriot@free

Ranger sa chambre, quelle barbe !


En préalable à cet article, je dois avouer un petit Mea Culpa : j’ai longtemps pensé que se bagarrer avec ses enfants pour qu’ils rangent leur chambre était accessoire. Je pensais qu’il fallait se consacrer sur l’essentiel : la relation.


Mais j’ai changé d’avis, parce qu’en réalité l’environnement influence l’état émotionnel.

Dans une chambre encombrée d’objets et de jouets, l’œil ne sait plus distinguer le beau ou l’utile de l’encombrant.


Dans notre société de l’excès, les objets finissent par devenir maîtres de nous, de notre temps et de notre attention. On passe du temps à gagner de l’argent pour acheter des objets ; on passe du temps à entretenir et ranger ces objets ; on passe du temps à réparer ces objets ; à les trier ; à les donner ou les revendre. On finit par consacrer aussi de l’argent à payer des services pour protéger nos objets.

Or tous ces objets qui encombrent notre panorama captent notre attention et nous empêchent de nous concentrer sur des questions importantes.

Ainsi, concernant les enfants, la profusion de jouets, les empêche… de jouer ! Ils ne peuvent plus se concentrer sur tous les possibles de l’objet puisqu’il y a toujours un autre à explorer. Ce qu’ils font mais superficiellement !

Quand l’œil est envahi d’images, il est bien difficile de se concentrer. Sur un bureau rangé on voit immédiatement ce qui est posé. Par exemple, l’agenda avec les devoirs du lendemain. Quand ledit agenda est caché par des papiers, des livres, des légos et une pile de linge à ranger, il faut être bien talentueux pour le dénicher d’un coup d’œil !


Pour nous, les parents, ranger et surtout faire ranger nos enfants demande bien des efforts… et remet la maternité et la paternité à leur juste place : si nous imaginions qu’élever un enfant allait être une partie de bataille d’oreillers et de shamallows grillés sur le BBQ, bienvenue dans la vraie vie : élever un enfant, c’est répéter, répéter et répéter encore !


Mais heureusement pas seulement une certaine organisation et des bonne résolutions peuvent aider !

  • D’abord, pas trop de jouets ! Limitez les grand-parents, les parrains-marraines, les oncles et tantes et les amis. On peut montrer son attachement à un enfant autrement que par des cadeaux !

  • Ensuite des rangements adaptés à l’âge de l’enfant et au type d’objet à ranger. Des caisses pour les légos, distinguées des playmos. La peinture, pas avec les livres. Etc.

  • Enfin, des temps réguliers dédiés au rangement. Une fois par jour ou une fois par semaine. Pour prendre des habitudes.

Le principe d’une habitude, d’une routine ou d’une hygiène de vie est de se forcer les premiers temps et de finir par le faire facilement et en mode automatique : après 21 jours paraît-il.


Mais ce n’est pas tout ! Pour obtenir d’un enfant qu’il coopère, encore faut-il aussi qu’il y ait intérêt, et en particulier qu’il ait les conséquences de ses actes. Pourquoi ferait-il l’effort de ranger sa chambre, alors que Môman le fait si efficacement ? La vraie discipline positive, la thérapie brève, et le bon sens se rejoignent sur un principe : nous avons, nous parents, à laisser nos enfants découvrir et assumer les conséquences de leurs actes. Selon leur âge et leur capacité bien sûr.


Ce qui donnerait : « Mon Chéri, comme j’ai dû passer 2H de mon après-midi à ranger ta chambre, j’en suis désolée, parce que j’aurais adoré faire de la peinture avec toi, mais pour le moment je suis trop fatiguée et je dois me reposer. »

Ou en version ados « Mon Chéri, je t’aurais volontiers emmené rejoindre tes amis à l’accrobranche, mais pour ranger ta chambre j’ai dû différer mon rendez-vous à la CAF (sécu, gare, boulot, soyez imaginative !) et il faut absolument que j’y aille cet après-midi. »


En quoi est-ce vraiment bon pour nos enfants ?

Cette petite scénette leur apprend à se décentrer d’eux : il n’y a pas que leurs petites affaires dans la vie de leurs parents ; leur apprend que le temps n’est pas extensible ; que la vie quotidienne ne peut pas être seulement faite de loisirs.


Plus largement et pour conclure ce thème du rangement, un environnement structuré permet à l’enfant de consacrer les ressources de son cerveau à comprendre le monde, à créer, à inventer, à nouer des relations, plutôt qu’à chercher des repères dans un fatras illogique.

Ajoutons qu’à l’adolescence, alors que justement les jeunes peuvent avoir l’impression que leur vie est un champ de ruine avec tout à construire, avoir un environnement organisé est apaisant. Cela évite d’ajouter du compliqué au compliqué !


Alors, on profite des vacances et on s’y met ?


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