• Karine Triot ktriot@free

L’essentiel, c’est qu’ils soient heureux !




Devons-nous forcer nos enfants à faire des choses qu'ils n'ont pas envie de faire ou les laisser profiter de l'insouciance de l'enfance?






Aujourd’hui, on a tendance à considérer que l’enfant a naturellement tous les potentiels en lui et qu’il faut le laisser les révéler à son rythme.

C’est vrai … et c’est faux !


En quoi est-ce vrai ?

Le bébé naît avec des appétences et des talents fabuleux ! Il apprend à la vitesse de l’éclair à s’adapter à son environnement pour survivre et se faire aimer.

Ce qui est vrai aussi, c’est qu’il est naturellement persévérant : regardez un bébé apprendre à bouger, à attraper, à marcher : il est incroyable de ténacité !


En revanche, si on sert tout tout cuit à notre Chéri d’Amour, qu’on ramasse tout le temps son hochet parce qu’il n’y arrive pas, qu’on prend la poussette pour faire 500m à 5 ans parce que c’est dur et qu’il est fatigué et qu’on lui beurre encore ses tartines à 15 parce qu’on l’aime fort-fort-fort. Pas sûr qu’il développera tout son potentiel d’efforts !


En effet, c’est l’inconfort ou la promesse d’une satisfaction future qui nous font nous mettre en mouvement.

  • Pourquoi travailler ? Pour la satisfaction du salaire, de la reconnaissance ou du plaisir.

  • Pourquoi quitter la maison de ses parents ? Pour être plus libre, pour avoir moins de contraintes, pour être proche d’une autre personne aimée… Dans le film Tanguy, le héros éponyme ne quitte ses parents qu’à partir du moment où la vie avec eux devient plus inconfortable que la promesse d’une vie ailleurs, sans eux. Tant que c’était douillet, il trouvait toujours une bonne raison de rester !

Vous me direz que vous ne souhaitez pas que vos enfants partent en claquant la porte et en hurlant « Bon débarras ! »… Bien sûr ! Mais le signe qu’un enfant a été bien élevé, est sa capacité à aller de l’avant, ailleurs, hors du nid. Le destin des parents est d’être quittés (par leurs enfants!).

Toute notre démarche éducative devrait donc aller dans ce sens : comment aider mon enfant à devenir un adulte qui tienne debout, qui sache s’engager, prendre sa place, se respecter et respecter les autres ?


Parmi la ribambelle de conseils, j’aimerais faire un focus sur 2 éléments importants :

  1. La frustration stimule le désir. Plus on a, plus on est blasé et moins on a envie. A l’inverse, quand on a peu de jeux, ça stimule notre imagination pour en inventer. Quand on a peu d’argent, on réfléchit à deux fois avant de le dépenser.

  2. Ce qui est difficile donne de la satisfaction ! Quand on a eu du mal à faire quelque chose, quand on a sué dessus, qu’on y a consacré du temps et de l’énergie, ça a de la valeur !

De quoi parlent les scouts quand ils rentrent de week-end pluvieux ? Du feu galère à allumer, de la grosse rigolade quand le vent a tourné et éteint le feu patiemment allumé ; des raviolis mangés froids et du 5ème sous la tente. Ça leur fait des souvenirs… et donne du goût à la blanquette de Maman !

De quoi se souviennent les élèves de prépa, de médecine ou les aspirants mili ? Des khôlles difficiles, des révisions à pas d’heure, des exercices dans la boue et sous la pluie !

En plus, ça crée des liens !


La difficulté et la persévérance permettent de développer le sens de l’effort, se fixer des buts et se donner les moyens de les atteindre. Ça donne des ressources pour affronter les difficultés de la vie… et savourer la vie.


Donnons le goût à nos enfants de se donner les moyens d’obtenir ce qui est important pour eux. Et en attendant qu’ils sachent le faire, osons les obliger, à leur mesure, à faire ce qu’ils n’ont pas envie de faire. Parce que moi, Maman, Papa, je sais ce qui est bon pour toi. C’est ça, être parents !

C’est un adage qu’on entendait souvent, naguère : « Dans la vie, on n’a rien, sans rien ! ».

On le dit moins, mais ça reste vrai ! ... et c'est grâce à cette capacité à faire des efforts et supporter de différer leurs désirs qu'ils seront heureux !

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