• Karine Triot ktriot@free

Amour ou polyamour ?




Je lisais ce matin, une citation de Daniel Pennac : « L’amour ne se prédit pas, il se construit ».


Deux pensées me sont venues :

  • D’une part, que de nombreuses personnes imaginent qu’un autre leur est prédestiné. Et quand « ça » ne fonctionne pas dans leur couple, ils se disent « qu’ils n’étaient pas fait pour être ensemble ». Une sorte de destin.

  • D’autre part, l’amour nous tomberait dessus, sans qu’on n’ait de libre arbitre. « Je suis tombé amoureux / amoureuse, je n’y peux rien ».

Aujourd’hui, on peut tout faire : être amoureux ou pas, avoir des relations sexuelles ou pas, avec qui on veut, homme, femme, célibataire, en couple, à plusieurs. Il n’y a plus de réprobation sociale, plus de « morale ».

Un peu quand même !

Annoncez que vous ne vivez pas ensemble avant d’être marié, ou que vous n’avez pas de relations sexuelles, et ça fera certainement sourire, de manière plus ou moins affichée. Ce n’est pas « normal ». Que vous soyez religieux et ayez choisi de renoncer à une sexualité interroge et provoque souvent compassion et jugement. Comme le dit Thérèse Hargot*, on a enlevé une certaine morale… pour la remplacer par une autre ! Naguère, avant Mai 68, on ne devait pas avoir de relations sexuelles hors mariage, ni d’enfant sans être marié ; désormais on peut. Mais il faut ne plus être puceau et pucelle à 18 ans, ou il faut vivre ensemble avant de se marier, pour vérifier la compatibilité. Une norme a remplacé une autre. Où est la liberté ? Où est la tolérance ?

Récemment, quelqu’un m’a expliqué que l’infidélité était une vue de l’esprit et correspondait à une certaine « vision du monde », la preuve cette personne se disait « polyamoureuse » et parfaitement épanouie.

Le polyamour, c’est une manière de présenter le libertinage, l’infidélité, de manière positive et acceptable parce qu’on y met du sentiment. Et quand il y a du sentiment, tout est possible !


Mais de quoi s’agit-il précisément ?

D’un élan, une pulsion qui nous pousse vers une personne à un moment donné, puis vers une autre, puis encore une autre, et encore, et encore, et encore, et encore…


En quoi est-ce de l’Amour ?

Le sentiment amoureux nous tombe dessus. On parle de « tomber amoureux ». Il n’est pas choisi, et est un mélange de pulsion sexuelle (inconsciente, issue de notre cerveau reptilien en vue de la reproduction de l’espèce) et d’attirance émotionnelle, souvent en reflet des relations affectives que nous avons vécues ou observées avec nos parents. Ce sentiment amoureux est souvent dénué de liberté puisque pas réellement choisi. Pour choisir, il faut réfléchir, peser le pour et le contre, savoir qui on est et savoir où on veut aller.

L’amour, c’est une alliance du corps (l’élan sexuel), du cœur (l’émotion) et du cerveau (la réflexion).


Dans le polyamour, une personne a des relations avec plusieurs. Parce qu’elle a un indice de séduction qui lui permet d’avoir plusieurs « partenaires ». (L’analyse du vocabulaire est toujours intéressante : on parle de partenaires de jeu, partenaire de travail…). Cette personne est suffisamment séduisante et populaire pour être choisie. Que se passe-t-il quand on est plus vulnérable : quand on vieillit et qu’on a moins d’énergie pour se montrer séduisant ? Quand on est moins beau ? Quand on est malade ?

Or l’Amour, c’est aimer quelqu’un même quand il est moins gratifiant, même quand il est moins agréable. L’Amour c’est compter suffisamment pour un autre que soi pour se permettre d’être soi : fragile et imparfait.

Rien à voir avec le polyamour qui est une forme de loi du plus fort.

L’amour se construit : en discutant, en partageant, en prenant soin l’un de l’autre. Ça demande une certaine maturité affective, au sens de se connaître et s’aimer suffisamment soi-même pour ne pas utiliser l’autre comme objet de satisfaction de ses besoins. Ça demande aussi de se décentrer de soi pour se centrer sur l’autre, vouloir son bien-être, et pouvoir différer ses propres besoins.

L’amour, c’est un équilibre entre soi et l’autre. Entre l’immédiat et le « plus tard ».

On y parvient en travaillant sur soi, sur son histoire, sur son couple, et en prenant et en se donnant du temps.

Parfois c’est plus facile en étant accompagné. Le conseil conjugal sert à ça : un espace pour vous aimer mieux !

Ça vaudrait le coup, non ?

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 Karine Triot Tel. 06.27.34.98.33

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