• Karine Triot ktriot@free

Épuisement - Charge Mentale : le Burn-Out Parental, on en parle ?


Le burn-out parental : est-ce une vue de l’esprit, la fatigue naturelle des parents ou une nouvelle maladie de notre époque ?


C'est une évidence, avoir un enfant aujourd’hui est plus compliqué qu’à d’autres époques !


Pourquoi ?

  • Nous vivons dans une économie capitaliste, basée sur un principe d’hyper offre, lui-même lié à la publicité chargée de nous vendre… ce dont nous n’avons pas toujours (pas souvent) besoin. Pour que ce système tienne, il importe donc de faire évoluer les besoins, et quand ils sont comblés, d'influencer les désirs (en soi, infinis), quitte à les faire passer pour des besoins ! Dur-dur pour les parents, à la fois de se contenter de ce qu’ils ont mais aussi de poser des limites à leurs enfants, puisque tout est disponible, tout le temps, à des prix accessibles. Cerise sur le gâteau, la publicité nous montre des familles toujours souriantes, avec de la fantaisie et de la tendresse tous les jours au petit-déjeuner, bien loin de la vraie vie de famille où il faut répéter jour après jour les mêmes recommandations éducatives : "Fais tes devoirs", "Attention en traversant la rue", "Ferme la bouche quand tu mâches" !

  • Depuis les années 1990, le monde professionnel et économique est devenu trop déconnecté de la réalité pour qu’on s’y investisse corps et âme et on se recentre alors sur l’essentiel, la famille. Mais…

  • Avec la remise en cause des normes morales dans les années 1968, le slogan « Jouir sans entrave » est devenu une nouvelle norme morale « Être heureux à tout prix parce que je le vaux bien ». Ainsi les liens sont-ils devenus impermanents, instables, et fragiles. Avec son conjoint, avec ses amis, avec sa famille et sa belle-famille…

  • Le lien à l’enfant est le seul qui soit « à vie », et parce qu’on choisit désormais d’avoir un enfant « quand on veut, avec qui on veut », on investit plus cette relation que les générations passées .

  • Enfin, avec internet et les réseaux sociaux, chacun peut désormais se mettre en scène et voir ce qui se passe chez les autres… qui se mettent eux-aussi en scène. A force de voir des photos de familles sur le Tower Bridge le temps d'un week-end, sur des pistes enneigées le temps des vacances d'hiver, sur un bateau blanc au milieu d'une mer turquoise transparente à mi-saison ; à force de lire les message "Vous êtes trop beaux", "Tu est toujours aussi belle", "Quelle famille formidable !", on peut se retrouver découragé, déçu par une vie qui au quotidien n'est pas aussi attrayante : ramasser les miettes du petit-déjeuner, faire un drive, courir d'une réunion à la crèche, arbitrer des disputes, faire des pâtes au jambon et s'affaler devant la télé à 21H, épuisé !

Les normes éducatives modernes (neurosciences, éducation positive ou "bienveillante", droits des enfants) et leur relai dans les médias, les librairies, les magasins de presse, exercent aussi une forte pression sur les parents d’aujourd’hui pour « réussir leur vie », « réussir leur famille », «réussir leur couple », « réussir l’éducation de leurs enfants ».


A d’autres époques, une éducation réussie consistait à s’assumer financièrement, fonder une famille et éventuellement s'engager dans la société.

Aujourd’hui, beaucoup de parents considèrent qu’ils auront réussi l’éducation de leurs enfants s’ils sont heureux dans la vie. Or le bonheur est un sentiment, une émotion, qui est en soi fluctuante et personnelle.

Autant dire que l’idéal est inatteignable !


En ateliers de parents, les parents partagent leur immense joie à la naissance de leur enfant… et leur désarroi que cet enfant désiré, merveilleux, miracle de la vie, puisse aussi les mettre dans des rages insoupçonnées auparavant !


C’est ça aussi, être parent !


Mais à qui le dire ? A qui oser dire « Je suis fatigué », « J’en ai marre », « En ce moment, je n’ai plus de jus » "J'ai juste envie de partir dans un endroit calme où je n'aurai plus que moi à gérer"?


Qu’est-ce que le burn-out parental ?


Le burn-out est causé par la pression que nous ressentons parce que nous avons dans notre ligne de mire un idéal inatteignable.

Le burn-out, est un déséquilibre entre les stresseurs quotidiens et la capacité d’adaptation et le plaisir du parent.


A quoi ça se voit ?

  1. A un stress excessif et notamment à des questionnements sur sa compétence de Maman, de Papa, qui vont engendrer une surenchère, une fatigue, un épuisement… Environ la moitié des parents serait concernée.

  2. La 2ème phase, c’est une distanciation émotionnelle : des petites phrases dans la tête «Si j’avais su, je ne sais pas si j’aurais tant insisté pour avoir un 2ème enfant » ; moins, voire plus de réaction quand son enfant se fait mal ou pleure ; moins, voire plus d’envie de leur faire des câlins. En gros, c’est « plus de batterie » pour des expériences émotionnelles avec ses enfants.

  3. La 3ème phase consiste à renier ce en quoi on croyait avant. Ce n’est pas tant une mère ou un père peu investi, auprès de ses enfants, qu’une mère ou un père qui a changé nettement dans sa présence à ses enfants : il est tout à coup comme « absent », «désintéressé ».

Qu’est-ce qu’on fait alors ?


1. On vérifie que tout va bien côté santé : sommeil, fer, vitamines, etc. et on met en place une hygiène de vie pour se coucher sans écran et éteindre quand on ressent les signes de fatigue.


2. On identifie 10 activités à faire pour se ressourcer et on en fait de manière URGENTE et IMPERATIVE 1 à 2 par jour. En particulier, on fait au moins un peu d’activité physique : respirer, voir autre chose, se dépenser physiquement permet d’alléger les cogitations.


3. On se pose avec quelqu’un pour regarder avec un regard extérieur (conjoint, ami ou Conseiller Conjugal et Familial) comment vont chacun des membres de la famille (santé, école, sociabilité, relations avec les adultes…) pour remettre de l’objectivité dans ses perceptions.


4. On regarde tout ce qu’on a à faire dans sa journée, sa semaine, ses week-ends :

  • Qu’est ce qui vient de mes attentes ?

  • De celles d’autres personnes sur moi (mon conjoint, ou autre) ?

  • Quelles attentes est-ce que j’imagine qu’on a sur moi (l’école, ma mère, ma belle-mère, mon conjoint) ?

  • Est-ce que c’est « ajusté » = raisonnable ou est-ce que peut-être on en ferait trop ?

Déjà Senèque le disait : « En tout l’excès est un vice » ! Et voilà !!!


5. On enlève des choses et on arrête de faire des listes !

Par ex : une activité par WE = bien suffisant ! On a le droit de buller, de dormir le matin, d’acheter un plat tout prêt chez Picard, de laisser ses enfants cuisiner, de ne pas avoir une maison nickel, de ne pas repasser ses draps, ses culottes et même les t-shirts. On a le droit de mal trier ses déchets, de ne pas manger tout le temps des produits frais, d’acheter des knacks et de faire de la purée Mousline, et même de mettre ses enfants devant la télé (de temps en temps) pour prendre un café tranquillement avec son conjoint ou une amie !


6. On répartit les tâches avec son conjoint ET les enfants !

Ex : A 6 ans, on est assez grand pour mettre la table et débarrasser un peu ; A 8 ans, on peut vider de manière autonome le lave-vaisselle et le remplir, on peut ranger sa chambre ; A 10 ans, on peut y passer l’aspirateur et même le faire aussi dans la maison ; on peut aller faire une petite course et acheter régulièrement le pain ; A 12 ans, on est assez grand pour étendre une lessive…..etc.


7. On essaie de prendre du temps en couple ! Des parents heureux en couple s’entraident mieux, sont en meilleure santé et résistent mieux sur la durée du chemin d’éducation de leurs enfants. Et notamment se prendre dans les bras a un effet ressourçant. Pas d’overdose connue !


8. On organise une P’tite Conférence Gourmande des Parents dans l’école de ses enfants ou dans son entreprise ! contact@plusbellemavie.fr


Bibliographie :

« La fatigue physique et émotionnelle des mères » de Violaine Guéritault

« Le burnout parental : l’éviter et s’en sortir » de Moïra Mikolajczak et Isabelle Roskam

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 Karine Triot Tel. 06.27.34.98.33

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